Purpura thrombopénique immunologique : bien encadrées, les grossesses et naissances sont sans risque

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Publié le 27/01/2023
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Crédit photo : Voisin/Phanie

Alors que la grossesse est souvent une source d'anxiété pour les femmes atteintes de purpura thrombopénique immunologique (PTI) et leur médecin, une étude de cohorte française, publiée début janvier dans « Blood », se veut rassurante pour la santé des mères et des nouveau-nés, à condition de suivre les protocoles en vigueur.

L'étude, conduite par les équipes de l'AP-HP* et financée dans le cadre d'un programme hospitalier de recherche clinique (PHRC), avait pour objectif de décrire les modalités évolutives du PTI en cas de grossesse et de mieux préciser la fréquence et les facteurs de risque de survenue d'une thrombopénie néonatale (TNN). Ceci alors que des études rétrospectives rapportent un risque d'aggravation du PTI allant jusqu'à 30 % pour la mère et un risque de TNN non négligeable, sans pour autant s'accorder sur les facteurs de risque maternels le favorisant.

Quelque 180 femmes enceintes atteintes d’un PTI et 168 femmes non enceintes atteintes d’un PTI au même stade évolutif ont été incluses (à travers 32 centres participant au réseau du centre national de référence - Cerecai) et suivies sur une période de 15 mois.

Les antécédents de splénectomie, la persistance du PTI (< 1 an ou chronique) et le statut du PTI à l'inclusion ont été pris en compte pour l’appariement des patientes enceintes et des femmes atteintes d’un PTI prises comme témoin.

Pas plus de saignements pendant la grossesse, de rares complications néonatales

L'étude montre que la fréquence des saignements graves chez les patientes enceintes n’est pas plus élevée que chez les patientes du groupe contrôle. Même si les femmes enceintes étaient plus susceptibles que les autres d'avoir une thrombopénie sévère ou un changement de traitement (HR = 2,71).

Elle confirme par ailleurs que le risque de TNN sévère approche 10 % des nouveau-nés. Un seul décès par hémorragie cérébrale in utero de cause multifactorielle a été observé. Une correction rapide de la thrombopénie a été observée chez les nouveau-nés atteints de TNN, dont certains atteints des formes les plus sévères ont été traités par transfusion de plaquettes et/ou perfusion d’immunoglobulines selon les recommandations françaises et internationales.

Le pronostic est donc favorable et les complications materno-fœtales et néonatales exceptionnelles dès lors que les recommandations de prise en charge du PTI au cours de la grossesse décrites dans le protocole national de diagnostic et de soins rédigés par le Cerecai sont observées. Celles-ci invitent à anticiper l'accouchement, en surveillant de près la numération plaquettaire, puis à rechercher systématiquement une thrombopénie néonatale à la naissance puis avant le 5e jour. 

*Équipe du service de médecine interne de l’hôpital Henri-Mondor (AP-HP), du Centre national de référence des cytopénies auto-immunes de l’adulte (Cerecai) et de l’université Paris-Est Créteil. Étude menée par la Dr Stéphanie Guillet sous la direction du Pr Bertrand Godeau au sein de la plateforme maladies rares du GHU AP-HP.


Source : lequotidiendumedecin.fr